La Franche-Comté

La région en résumé : 3 départements (Jura, Doubs, Haute-Saône) plus le Territoire de Belfort – Besançon (126 000 habitants), métropole régionale – La porte d’Alsace foyer industriel – Région d’économie agricole orientée vers l’élevage.

Le relief

La Franche-Comté englobe la partie française du massif du Jura, les vallées du Doubs et de la Haute-Saône. Cette forme de croissant prise par le Jura lors de sa formation (en même temps que les Alpes et les Pyrénées) est due à la présence du massif ancien des Vosges sur lequel il s’est buté au nord, obligeant le plissement à s’incurver. Bien que d’altitude modeste, le Jura est très compartimenté .

On passe difficilement d’ouest en est, et les vallées ne communiquent pas entre elles. La population de cette montagne a été longtemps isolée. L’hiver y est rigoureux et les amateurs de ski de fond l’apprécient.

Au pied du Jura en regardant vers le nord, s’étend une sorte de plateau appelé plaine de la Saône, vallonné par des buttes ou des collines en pente douce descendant vers de larges vallées. Les paysages sont forestiers ou agricoles.

L’élevage domine l’agriculture franc-comtoise

L’élevage est la spécialité franc-comtoise. Le paysage agricole lui est destiné : prairies, plantes fourragères et maïs. En montagne, ou dans les plaines, les bovins sont élevés pour la production laitière et fromagère (gruyère de Comté et d’Emmenthal). Les montbéliardes sont de bonnes vaches laitières.

Une meule de gruyère nécessite 500 litres de lait, et sa fabrication a poussé les éleveurs à s’unir en coopératives, les « fruitières ». Ces coopératives fromagères paysannes se partagent aujourd’hui la production avec les entreprises industrielles.

Dans la plaine de la Bresse aux sols lourds, en plus des bovins, les éleveurs se consacrent aux célèbres poulets de grain. L’élevage des porcs est en grande partie destiné à la traditionnelle charcuterie lyonnaise.

Le Jura se reboise en sombres sapinières. La moitié des forêts sont communales (pourcentage énorme par rapport à certaines régions, ou des propriétés privées possédant la quasi-totalité des bois comme en Sologne ou en Picardie).

L’entretien minutieux de ces forêts permet d’en tirer des revenus réguliers qui dispensent les habitants de certaines communes d’impôts locaux. Les revenus peuvent parfois servir à financer d’importants projets. Mais cette forêt qui fournissait autrefois les mâts des navires noyaux ne provoque plus, aujourd’hui, le développement d’industries.

Autre spécialité agricole du Jura pour le moins surprenante : la vigne. À l’inverse de son célèbre voisin bourguignon, le vignoble jurassien regarde vers l’ouest. Autre originalité des vins du Jura, ils sont de toutes les couleurs, ou presque ! En plus des traditionnels rouges, rosés et blancs, il faut ajouter les vins jaunes et gris. Le plus célèbre vin jaune est celui de Château-Chalon, mais l’étoile et l’arbois jaune sont également très appréciés. L’arbois est le rosé le plus connu, et le blanc de Chardonnay tient souvent la comparaison avec les côtes-de-beaune bourguignons.

De l’artisanat paysan à l’industrie

L’hiver est long dans cette montagne et les revenus agricoles souvent maigres. Les paysans ont cherché à compléter leurs ressources. En devenant artisans, ils ont mis, bien souvent, beaucoup d’art et d’ingéniosité dans leurs travaux. D’abord chez eux, puis en ateliers villageois, ils alimentent l’horlogerie, la lunetterie, la tournerie (fabrication des pipes, travail de l’ivoire et de la corne). Ils taillent aussi les diamants et d’autres pierres précieuses de joaillerie. Les petites usines franc-comtoises fournissent presque toutes les calculatrices françaises.

Elles produisent 85 du matériel chirurgical dentaire. Les montures de lunettes sortent par millers des usines d’Oyonnax entre autres (50 % de la production française est franc-comtoise). Par contre l’horlogerie dispersée ne fournit que des pièces détachées. Les petits ateliers de montage ne résistent pas à la concurrence du grand Kelton-Timex (américain) installé à Besançon (2 500 employés).

L’industrie lourde ne se développe guère en Franche-Comté. L’énergie hydraulique du barrage de Vouglans n’attire personne et la seule grande installation notable se trouve à Tavaux (Solvay), usine chimique qui produit de la soude à partir de l’éthylène venue par tube de Feyzin (région lyonnaise).

La porte d’Alsace procure la moitié des emplois industriels francs-comtois

La porte d’Alsace s’ouvre, comme son nom l’indique, sur l’Alsace au nord mais fait bien partie de la Franche-Comté.

En tête des grandes implantations industielles vient Peugeot, la plus ancienne. D’abord à Sochaux puis à Vesoul et Mulhouse (Alsace), la firme emploie 38 000 salariés pour produire des automobiles, des bicyclettes et des cyclomoteurs. Peugeot est sans doute à la porte d’Alsace et à Socaux ce que Michelin est à Clermont-Ferrand (Auvergne).

La construction de logements pour ses emplloyés, l’entretien d’une équipe de football, le transport par autocars et enfin la masse des salaires (qui servent à acheter dans les nombreux commerces) ont une réelle importance dans l’économie de la région.

D’autres groupes industriels se sont bien intégrés dans cette région. Alsthom à Belfort fabrique à la fois des locomotives et les turboalternateurs des centrales nucléaires.

Toujours à Belfort, la CII-Honeywell-Bull construit des ordinateurs.

Tout en fournissant du travail à certaines petites entreprises, les grands groupes, par leurs salaires, concurrencent fortement les petites firmes indépendantes.

Pas de grandes villes mais des carrefours régionaux importants

La Franche-Comté se trouve sur le passage des vallées Rhône-Saône au Rhin. Les voies navigables sont importantes : fleuves élargis ou canaux. Mais les axes routiers et les voies ferrées, attirés vers Paris, sont mieux développés chez les voisins bourguignons. L’autoroute Beaune-Mulhouse est boudée par les usagers et les projets routiers sont restés en suspens.

La population agricole est encore importante, même si l’exode rural n’a pas épargné la Franche-Comté. La stabilité a été obtenue grâce aux nombreuses petites implantations industrielles en milieu rural. Les villes moyennes, carrefours régionaux, n’ayant aucune chance sur le plan national face aux villes comme Lyon, restent toutefois influentes en Franche-Comté.

La capitale régionale Besançon abrite 126 000 habitants. Autrefois grande cité gallo-romaine entre la Méditerranée et l’Alsace, elle reste sur le passage des gens de l’Est. Dans le méandre du Doubs, la Boucle, défendue par la citadelle de Vauban, regroupe la moitié des commerces, des bureaux et la plus grande partie des activités administratives. Ses activités culturelles (festival de musique), son université, le Salon de la robotique dont s’enorgueillit Besançon ne suffisent pas à étendre son influence au-delà de sa région.

2 autres villes en Franche-Comté : Montbéliard et Belfort dont les activités industrielles rivalisent avec celles de Mulhouse (Alsace). Ces 3 villes avec leur voisine suisse Bâle forment un ensemble urbain tourné vers l’Europe.

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