La Bretagne

La région en résumé : 4 départements (Ille-et-Vilaine, Finistère, Morbihan, Côtes-d’Armor) – Rennes (230 000 habitants) – Agriculture et tourisme développés mais sous-industrialisation.

Le relief

À l’origine, le Massif armoricain dressait ses sommets. Le lent travail de la pluie, du gel et du vent l’a érodé, tant et si bien qu’il n’en reste que des plateaux et des collines où sinuent des rivières au parcours parfois hésitant entre le Nord et le Sud. Ce massif ancien s’avance vers la mer et forme une péninsule. Les côtes rocheuses se découpent en presqu’îles, petits golfes et îles. Du côté Manche, les larges baies de Saint-Brieuc et du Mont-Saint-Michel se découvrent à marée basse sur des kilomètres. La pointe ouest n’est que caps rocheux déchiquetés, profondément entaillés par les rades de Brest et de Douarnenez. De Bénodet à l’estuaire de la Vilaine, la mer s’enfonce loin dans les terres par des golfes ramifiés (les rias) bordés de belles plages.

La pierre (souvent du granit) affleure partout. Là où le sol est trop maigre, une lande inculte se mêle aux rochers.

Le paysage de l’intérieur du pays a été façonné par l’homme, qui, au fil des ans, a construit des haies pour protéger ses champs du vent et du ruissellement des eaux de pluie.

Le climat est par excellence océanique. L’influence de la mer se fait en hiver par la douceur de la température et en été par l’humidité de l’air chargé d’eau. Les pluies, plus fréquentes qu’abondantes, donnent à la Bretagne mauvaise réputation. Et pourtant combien d’artistes aiment à peindre ces ciels gris-bleu tout en nuances !

L’agriculture et le bocage breton

Ces champs clos que l’on appelle le bocage appartiennent à des fermes dispersées. Grâce aux engrais, en particulier, depuis les années 20, le blé a pu remplacer le seigle et le sarrasin mais il doit céder du terrain au maïs et aux cultures fourragères, car la Bretagne est devenue une région d’élevage. L’élevage bovin met aujourd’hui la Bretagne en tête des régions productrices de lait. Les porcs et les volailles (dindes, pintades, poules) fournissent leur viande et des œufs au marché national. Lorsque l’on pense aux produits bretons, il ne faut pas oublier d’ajouter aux crêpes et aux gâteaux la charcuterie non moins célèbre.

Le développement du tourisme côtier a entraîné celui des cultures maraîchères dans les petites plaines littorales. Les choux-fleurs et les artichauts dépassent la consommation locale et viennent garnir les étals des marchés parisiens.

Ils sont cultivés en plein champ comme les haricots verts et les petits pois, destinés plus particulièrement aux conserves. Brest et Rennes s’entourent de serres où les légumes poussent toute l’année.

Au-delà de la terre, les Bretons regardent vers la mer. Plus de la moitié de la pêche française se fait en Bretagne.

Chaque port a son marché aux poissons (aux criées) où sont vendus les nobles soles et les bars ou les plus modestes cabillauds, sardines et maquereaux. Le panier de « fruits de mer » est tout aussi garni : moules, huîtres, praires, palourdes… qu’accompagnent les coquilles Saint-Jacques et les crustacés : crabes (tourteaux), araignées, langoustines, langoustes et homards.

La pêche artisanale laisse peu à peu la place à la pêche industrielle. les chalutiers de Lorient représentent à eux seuls le quart de la flotte française, autant que celle du port de Boulogne-sur-Mer. Saint-Malo s’est spécialisé dans la pêche à la morue en haute mer. La congélation du poisson se fait à bord. Les ressources de l’océan ne sont pas inépuisables et les bateaux ne pêchent bien souvent qu’à la moitié de leur capacité. Cette pêche en haute mer est soumise à une forte concurrence et souvent les petits marins pêcheurs y arrivent mieux.

Mais, nombreux sont ceux qui ne trouvent plus de travail et doivent changer de métier.

Depuis quelques années, des fermes marines expérimentent l’aquaculture ou élevage du poisson qui devrait permettre de freiner le dépeuplement des océans.

L’ostréiculture (élevage des huîtres) est le domaine des petits exploitants qui ne sont pas à l’abri des maladies pouvant décimer une production pour plusieurs années.

Une faiblesse industrielle

Le littoral breton, résolument tourné vers l’ouest, n’occupe pas la place qu’il devrait dans l’activité maritime européenne. Alors que tous les atouts semblaient être aux mains des Bretons : nombreux ports bien abrités, marins réputés, position avancée dans l’Atlantique, la Bretagne a raté son entrée dans le commerce maritime européen qui prit son essor dès le XVIIIe siècle avec le démarrage de l’industrie. Les conflits avec l’Angleterre puis les campagnes de Napoléon ont bloqué les relations maritimes.

La Bretagne regarder passer les bateaux internationaux quand elle n’est pas le triste décor d’une marée noire. Depuis quelques années, des remorqueurs-sauveteurs de haute mer aux équipages constitués de volontaires ont réussi à éloigner le danger. Ce sont eux qui portent secours aux véliplanchistes imprudents. Combien de plaisanciers leur doivent la vie ? Le savent-ils eux mêmes ?

L’activité portuaire d’aujourd’hui est considérée comme médiocre avec un rayonnement local, parfois régional.

Il n’existe pas d’industrie traditionnelles en bretagne. À partir de 1962, l’État a favorisé la décentralisation des entreprises vers cette région. Mais les effets restent insuffisants. Peugeot-Talbot-Citroën s’est installé à Rennes, des petites entreprises d’habillement et d’électronique se sont disséminées à travers le bocage, mais ces décentralisations ont davantage profité aux pays de la Loire et à Nantes.

Un réseau urbain plein de promesses

La Bretagne ne manque pas de villes,surtout sur le littoral, mais ce sont de petites villes. La population urbaine n’a dépassé la population rurale que depuis à peine plus de 20 ans.

2 grandes villes font exception : Brest et Rennes. Brest occupe une place privilégiée à l’extrême ouest de la France, bien à l’abri dans une rade exceptionnelle. Mais Brest a choisi de vivre au rythme d la marine et de son arsenal. Son attraction sur l’intérieur est incontestable et elle est prête à accueillir tous les investisseurs qui donneraient du travail à bon nombre de chômeurs. Rennes, capitale régionale, assume des fonctions administratives et universitaires qui, jumelées avec son industrie (Peugeot-Talbot-Citroën), lui confèrent le titre de métropole. Devenue un centre d’emplois industriels et tertiaires, la ville a vu se développer sa banlieue. Elle accueille les ruraux qui migrent vers la ville, mais aussi ceux qui quittent leur appartement du centre pour une maison de banlieue. Rennes s’entoure de grands ensembles abritant une main-d’œuvre nouvelle.

La Bretagne des vacances

C’est la 2nde région touristique de France après la Côte d’Azur. Du Mont-Saint-Michel à Quiberon, ils sont nombreux les vacanciers ! Campings et locations meublées, écoles de voile et ports de plaisances leur sont destinés. Les vacances à la mer, c’est aussi la pêche et pendant les grandes marées on pousse les filets à crevettes et on ramasse des palourdes ou des lagagnons si savoureux ! Les revenus touristiques sont loin d’être négligeables pour la population, mais la saison est courte, 2 mois en moyenne, et cela ne suffit pas à développer une économie touristique solide.

Ce tourisme massif a provoqué des grincements de dents. La côte s’est parfois couverte de constructions bien laides, mais rien de comparable avec d’autres régions. Les Bretons veillent, surtout à l’intérieur du pays. Les gîtes ruraux ou les campings à la ferme e font discrets. Les amateurs de campagne verte et de calme s’y plairont.

L’usine marémotrice de la Rance

La Rance vient se jeter dans la Manche entre Dinard et Saint-Malo. Au XIIe siècle déjà, les hommes utilisaient la force de la marée pour leurs moulins à aubes. L’eau montante était retenue dans des bassins qui en se vidant à marée descendante actionnaient les roues des moulins. Entre 1961 et 1966 (date de l’inauguration), EDF a construit une usine hydroélectrique utilisant la force de la marée montante et descendante. Une digue de 750 mètres de long barre l’estuaire de la Rance entre les points de la Briantais et de la Brebis.

Elle est parcourue par la route de Dinard à Saint-Malo et une écluse permet aux bateaux de la franchir. À l’intérieur de la digue se trouvent 24 « groupes bulbes » capables de travailler dans les 2 sens. La puissance totale de l’usine est de 240 000 kW, produisant 550 millions de kilowattheures.

Actuellement, l’usine marémotrice de la Rance est unique au monde. Aux États-Unis, en URSS, au Canada et en Grande-Bretagne,des projets similaires ont été mis à l’étude. Mais pour l’instant le coût de ces installations paraît trop élevé. La visite de l’usine se fait à l’aide de tableaux lumineux expliquant son fonctionnement. Un balcon aménagé permet de voir la salle des machines. Si vous passez par là, faites donc une petite halte ; vous verrez, c’est passionnant !

Devinette

Perros-Guirec, Bénodet, Carnac, voilà des noms bien bretons, mais pourquoi Lorient ?

Crée au XVIIe siècle par la Compagnie des Indes, ce port de « l’Orient » était voué au commerce avec les Indes.

1 vote. Moyenne 4.00 sur 5.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site