La région Poitou-Charente

La région en résumé : 4 départements (Charente, Charente-Maritime Deux-Sèvres, Vienne) – Poitiers (90 000 habitants) – Région agricole.

Le relief

Les plaines de Charente et les bas plateaux du Poitou avaient une vocation de carrefour. Bien placé entre l’Aquitaine et la vallée de la Loire, ce seuil aurait pu accueillir de grandes places commerciales, mais les gens n’ont fait qu’y passer. Le seuil du Poitou-Charentes a vu défiler les invasions barbares et a servi de champ de bataille aux Anglais du temps où l’Aquitaine rendait hommage au souverain britannique.

La Charente est résolument tournée vers la mer. Sa côte plate est bordée par 2 grosses îles : Ré et Oléron. Faisant déjà partie du Midi, le Poitou-Charentes jouit d’un climat océanique plus chaud qu’en Bretagne. Les étés sont chauds mais sans sécheresse et même parfois brumeux.

Une agriculture de champs ouverts à vocation d’élevage

Le Poitou-Charentes s’est spécialisé dans l’élevage et la vigne. Les paysans tournent le dos à la mer. Les marais poitevins sont travaillés par des terriens. Lorsque les Poitevins exploitent l’océan, c’est pour lui prendre des algues qui fertiliseront ses terres. L’élevage poitou-charentais associe les bovins aux ovins et aux caprins. Ces derniers mettent leur région au 1er rang pour la production de lait de chèvre destiné à la fabrication de fromages tel le chabichou. La foire de Parthenay (2-Sèvres) est la 1re pour la vente de la viande bovine en France.

En privilégiant l’élevage, les paysans ont choisi des cultures qui lui sont destinées (blé fourragé, orge, plantes fourragères, et maïs).

L’élevage se fait de moins en moins au pré. Plus d’animaux dans le paysage, mais de grands bâtiments longs et gris.

L’organisation en coopératives, très précoce dans cette région, a favorisé le développement des productions laitières et notamment celle du beurre.

On cultive encore la vigne dans le marais du Poitou, bien que sa production ne soit commercialisée que localement. Pas de grands crus mais seulement des petits « rouges » ou « rosés » qui ne prétendent pas à une renommée mondiale. La récolte du sel cristallisé au soleil est associée à cette production vinicole.

La Charente s’enorgueillit pour sa part de ses cognacs. Du vignoble est tiré un alcool prestigieux dont la production est exportée à 85 % ! C’est maintenant chose courante que de trouver derrière les grands noms du cognac des firmes multinationales. D’énormes capitaux sont en jeu et la bourgeoisie locale (surtout bordelaise) ne suffit plus à soutenir ce négoce. Les capitaux étrangers sont alors les bienvenus.

Si le marais poitevin ne tire guère de revenus de l’océan, la côte charentaise vit à l’heure de la mer. Au sud de La Rochelle, les marais salants sont à l’abandon au profit de l’ostréiculture. Marennes est entourée de parcs à huîtres dans des petits bassins appelés « clairs » (les marennes et les fines de clairs).

Bien que très rémunératrice, l’ostréiculture n’est pas à l’abri des épidémies qui touchent maintenant depuis 10 ans cette région. De nouvelles espèces plus résistantes commencent à être commercialisables et vont redonner de l’élan à la production. L’huître n’a pas la monopole de la culture. Les moules sont aussi très appréciées (mytiliculture).

Une industrie à peine naissante

La tradition industrielle n’existe pas en Poitou-Charentes. Pourtant, la main-d’œuvre était au moins aussi bonne et abondante qu’ailleurs. Les capitaux locaux ne manquaient pas non plus, mais la bourgeoisie a préféré investir dans la terre plutôt que dans l’industrie.

L’État a bien essayé de favoriser les décentralisations vers cette région. Il a même développé le réseau routier ferré pour améliorer les communications. Talbot est venu s’installer à La Rochelle. Mais les effets de ces décentralisations restent faibles. Peu de sous-traitance et pas de recherche, ces industries restent « parachutées ».

En dehors de l’industrie agroalimentaire productrice de beurre et de lait en poudre, l’autre secteur important concerne la construction navale de bateaux de plaisance.

L’attrait récent pour la navigation à voile et à moteur a permis aux petits chantiers, de la Charente-Maritime notamment, de se regrouper. Leur production est à la pointe de l’innovation. Ils n’ont pas choisi de spécialité mais au contraire une grande diversité : du dériveur au quillard, en passant par tous les styles de voiles et de coques, sans oublier les moteurs hors-bord oui in-bord.

Dans l’ensemble, il faut quand même retenir que l’emploi industriel en Poitou-Charentes stagne. Ce n’est pourtant pas faute de bonne volonté de la part de ses industriels qui ont lancé l’opération « Marco Polo » afin de prospecter les marchés étrangers.

Des petites villes

L’arrière-pays charentais n’arrive pas à suivre son littoral dynamique avec La Rochelle-La Pallice. Les villes ne manquent pas : Angoulême, Poitiers, Niort, Thouars et Châtellerault attirent des flux de population croissant au détriment des campagnes. Elles sont bien équipées (écoles, hôpitraux, services administratifs), accueillent quelques entreprises mais restent de taille modeste. Leur rayonnement est trop faible sur la région pour rivaliser avec l’attraction de Bordeaux et Paris.

La Rochelle, qui a rêvé d’être le port de l’Europe moyenne, doit se contenter d’un trafic certes international mais dominé seulement par les importations de produits alimentaires pour le bétail.

Un cas particulier dans ces villes moyennes, celui de Niort, parfois appelée la capitale des mutuelles (assurances). 7 sociétés (pas moins !) mutuelles d’assurances y ont installé leur siège. Celle des instituteurs (MAIF), puis celle des artisans (MAAF), celle des commerçants et des industriels (MACIF) avec 4 autres ont apporté environ 1 500 emplois à la ville. Leur gestion moderne fait de Niort la ville de France possédant le plus grand nombre d’ordinateurs par habitant !

Des touristes mais pas trop

L’histoire de ces régions, leur patrimoine architectural et gastronomique, leurs paysages variés et surtout l’attrait des plages n’en font pourtant pas une région très touristique.

Cependant il semblerait que les touristes soient déjà trop nombreux lorsqu’ils entrent en conflit avec les ostréiculteurs dont ils ne respectent, hélas, pas toujours le travail.

La mer attire les plaisanciers. La Rochelle est le 1er port de plaisance européen par sa capacité d’accueil (2 800 bateaux). Royan rivalise avec La Baule (pays de la Loire) par ses villas magnifiques et ses hôtels luxueux.

Moins voyant, le tourisme intérieur est en train de réduire le déséquilibre entre le littoral et le reste du pays. les structures d’accueil se multiplient (gîtes ruraux, camping à la ferme…) et permettent aux amateurs de calme et de plaisirs champêtres de goûter les joies de goûter les joies d’une promenade en barque à travers le marais poitevin par exemple. À qui sait être patient et silencieux, le spectacle des oiseaux des marais procure une joie inégalable et tant de souvenirs précieux !

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