La région Centre

La région en résumé : 6 départements (Loiret, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Indre, Cher, Indre-et-Loire) – Orléans (210 000 habitants) – Agriculture importante – Industrie honorable – Villes moyennes dans l’orbite de Paris.

Le relief

La région Centre appartient à un vaste ensemble géologique appelé cuvette du Bassin parisien. Plaines et plateaux forment un relief plat, peu élevé (entre 100 et 200 mètres d’altitude). Au nord de la vallée de la Loire, le paysage de grandes plaines céréalières fait penser à la Brie ou à la Picardie. La Loire encadrée par ses levées (buttes destinées à retenir les crues du fleuve capricieux) et sa vallée offrent la même beauté qui séduisit les rois de France, comme en témoignent les nombreux châteaux.

Au sud de la Loire, tout change. Le relief reste plat mais le sol n’est plus le même. Tantôt sableux, tantôt argileux, c’est le domaine de la grande forêt (la Sologne) et des marais. La brume si souvent enveloppante en Sologne fait partie de ce paysage sombre et romantique si cher. Les contreforts du Massif Central, déjà vallonnées, sont plus frais l’hiver.

Le climat du Centre est largement soumis aux influences océaniques : des pluies fréquentes et régulières et peu de neige.

Le centre : vocation agricole

La proximité de Paris ont influencé les choix des agriculteurs.

La plaine de Beauce réunit toutes les qualités d’une terre à blé : un sol considéré comme un des meilleurs de France, pas d’obstacle du relief pour les grosses machines agricoles. Au blé, toujours en tête de la production, s’ajoute le maïs en progression ces dernières années. La Beauce est le domaine des grandes exploitations (des 100aines d’hectares). Les exploitants sont de réels chefs d’entreprise. Ils ont une formation agronomique acquise dans les lycées spécialisés, pratiquent une véritable gestion de leur exploitation, emploient des salariés (peu) et un outillage perfectionné.

Pour accroître leur revenu, ils sont souvent à la fois propriétaires et locataires des terres cultivées. Bien que soumise à l’influence océanique, la Beauce est relativement sèche en été (8 étés sur 10 environ manquent de pluies).

Le blé n’a pas besoin d’apport d’eau, de bons sols et des engrais lui suffisent. Par contre, le maïs est plus « gourmand ». Pour atteindre de hauts rendements (75 quintaux à l’hectare contre 35 en culture sèche), les Beaucerons ont décidé d’irriguer leur culture. Ils utilisent pour cela de grands tourniquets alimentés par des puits profonds. Ces arroseurs géants pompent d’énormes quantités d’eau dans les nappes souterraines et on commence à se demander si leur niveau ne baisse pas dangereusement. Ces réserves ne doivent pas s’épuiser. Les grands exploitants céréaliers ne s’encombrent pas de bêtes. Leurs productions régulières sont vendues aux prix définis par le Marché commun. Les engrais, les produits chimiques, l’irrigation, toutes ces techniques coûteuses mettent l’exploitant à l’abri des « mauvaises années ».

Au sud, du Berry à la Touraine, les paysages agricoles se succèdent. La Champagne berrichonne se consacre aux céréales. Les rendements, moins bons qu’en Beauce, sont devenus très intéressants grâce aux engrais. Le colza et le tournesol, également engraissés, donnent d’excellents résultats et alternent sur les terres avec le blé et l’orge. Le Boischaut devient bocagé pour l’élevage des bœufs charolais destinés à la boucherie. La Brenne et la Sologne vivent de leurs étangs et de leurs forêts. L’attrait de la chasse et de la pêche a transformé de vastes régions en propriétés privées bien gardées. Par contre, au nord d’Orléans, entre Beauce et val de Loire, s’étend une des forêts domaniales les plus vastes de France. Les promenades dominicales consacrées à la recherche de champignons ou à la cueillette du muguet et des jonquilles sont un plaisir à la portée de tous.

Aux confins de la Normandie, le Perche offre un paysage de bocage comparable à celui de son voisin normand et se consacre comme lui aux vaches laitières.

Le val de Loire se couvre de vergers et potagers. La région d’Orléans s’entoure des serres des horticulteurs produisant plantes et fleurs que l’on a tant de plaisir à offrir. Du « jardin de la France », fruits et légumes (cerises, fraises, asperges, céleris…) partent par camions entiers vers Rungis. La douceur du climat du val sourit également aux Vignobles du Sancerrois et de Touraine (vouvray, bourgueil, chinon).

Une industrie récente de décentralisation réussie

Le Centre est sans doute la région qui a le mieux profité des décentralisations industrielles en recevant en 20 ans (1954-1975) quelque 600 établissements ! De nombreux emplois en découlent par l’embauche des entreprises concernées mais aussi par la stimulation des petites sopciétés existantes devenant sous-traitantes. On compte près de 1 000 entreprises dont la moitié de l’activité est de la sous-traitance. Leurs spécialités : la transformation des métaux (pour Matra à Romorantin par exemple) ou l’appareillage électrice (pour l’aéronautique). Parmi les vedettes de la sous-traitance, on trouev le moteur de la formule I Renault, les connexions électroniques de la fusée Ariane et le « nez » du TGV !

Le Centre est aussi la 2nde région du secteur pharmacie-cosmétiques. On dénombre aujourd’hui 55 établissements pharmaceutiques produisant un médicament français sur 3 (Dervier, Sandoz…). Pour soutenir le secteur recherche, un Institut du médicament vient d’être créé à Tours. Les cosmétiques, plus modestes avec leurs 16 entreprises, réunissent des noms prestigieux : Dior, Orlane, Diparco à Orléans, ou Guerlain, Paco Rabanne et Germaine Monteil à Dreux et Chartres.

Pas d’industries lourdes, mais des industries « propres ». Il ne faut pas oublier pour tant les 3 centrales nucléaires de Saint-Laurent-des-Eaux, Chinon et Dampierre-en-Burly qui mettent la région en tête de la production d’énergie nucléaire.

Cette grande région agricole se devait de développer le secteur agroalimentaires : meuneries, conserveries…

Mais cet essor industriel certain ne doit pas cacher l’étroite dépendance parisienne où sont restés la plupart des centres de décisions.

Un réseau urbain à l’ombre de Paris

La région Centre ne manque pas de villes. Certaines, importantes, ont un rayonnement limité par la proximité de Paris. Les liaisons sont faciles grâce aux réseaux routiers et ferrés bien développés.

La Loire, qui depuis longtemps n’est plus navigable, est bordée par les plus grandes villes.

Tours (245 000 habitants), la plus dynamique, n’est pas la capitale régionale. À la fois carrefour et pont, son activité universitaire résiste à celle de Paris.

Orléans (210 000 habitants) occupe une position privilégiée. Ses fonctions administratives de capitale régionale, universitaires, industrielles et commerciales en font nue des villes les plus dynamiques de France.

Nevers, Giens, Blois, Chinon, autres villes du val de Loire au passé prestigieux, restent modestes, avec un rôle local. Châteauroux, Vierzon et Bourges, les villes berrichonnes, ont une croissance plus lente. Elles n’en regroupent pas moins les activités industrielles de leur région (armement, aéronautique, pneumatiques). Enfin, Montargis, Dreux et Chartres connaissent un essor industriel important grâce à la proximité de Paris.

Le souvenir des rois de France attire les touristes

Le Centre n’est pas globalement une région touristique. Les régions céréalières ont vu se développer les résidences secondaires comme dans toutes les régions proches de Paris.

La Sologne reste fameuse pour ses chasses et sa pêche comme la Brenne plus lointaine.

Mais ce qui attire des cars entiers de touristes ce sont les châteaux de la Loire. Nos rois de France et leur noblesse ont bien fait les choses : Chambord, Azay-le-Rideau, Chenonceau, Blois, Cheverny, Amboise, trésors d’architecture et d’anecdotes du val de Loire. Pour les amateurs de gothique, un détour par Chartres et Bourges s’impose.

Cathédrale magnifique si chère à Péguy, Chartres élève des flèches haut dans le paysage plat de la Beauce.

Autre chef-d’œuvre du gothique, la cathédrale de Bourges s’entoure d’une vieille ville magnifique où la présence de Jacques cœur, ce riche marchand du Moyen Âge qui accueillit la Charles VII dans sa ville alors que les Anglais l’avaient évincé du trône de France pour quelque temps, se retrouve au détour des rues étroites.

5 votes. Moyenne 3.00 sur 5.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site